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 What Have You Done ?

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Samaël L. Harlow

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MessageSujet: What Have You Done ?   Dim 31 Mai - 21:47

    [Bah quoi ? Ca m'éclatait d'écrire ici xDD]


    Une sonnerie stridente retentit à côté de moi, et je fronçais les sourcils. Une seconde plus tard, un gémissement agacé s’éleva, et une main féminine s’éleva des draps pour frapper approximativement dans ma direction. Un vague sourire s’étala sur mes lèvres, rapidement effacé par la sonnerie qui retentit de plus belle. Mon téléphone sonnait. Mais je n’avais jamais eu aussi peu envie de décrocher. Quand la sonnerie s’éleva pour la troisième fois, j’hésitais franchement entre l’envoyer contre le mur de façon archaïque ou lui envoyer quelques milliers de volts dans le système imprimé.

    « Décroche ou je ne réponds plus de rien. »

    Je tournais la tête vers Genna, qui avait enfoui son visage dans les draps et dont la voix semblait venir d’outre tombe. Je ne doutais pas un instant qu’elle mette sa menace à exécution, et j’étais presque tentée de la laisser faire.
    C’était la première nuit que je dormais avec elle. Enfin … Il y avait des tas de verbes pour décrire ce que nous avions fait cette nuit, et dormir n’était sans doute pas le plus adapté, mais même si j’étais absolument conscient de ce que j’avais fait, je refusais encore de mettre des mots sur notre « écart ». Pas que je regrettais, pas encore. Ni que je n’assumais pas. Mais une part de moi commençait à ressentir des vagues de culpabilité envers Dulce. Je détestais ce sentiment, cette impression de faiblesse. Genna avait fait de moi un faible … Et j’étais bien le seul à blâmer.
    A la cinquième sonnerie, je me redressais et attrapais le téléphone posé sur la table de chevet. Sur l’écran brillait le nom de mon frère, et je poussais un léger soupir. Pendant un instant, j’avais craint que ce ne soit Dulce. Et je n’avais vraiment pas envie de précipiter l’inévitable discussion que je devais avoir avec elle … Même si depuis hier soir, je m’étais résigné. Il faudrait que je lui parle, à un moment où à un autre, et il était plus que temps que je cesse de m’abriter derrière mes faux-semblants. Mais assis dans ce lit, si près de Genna … Je ne voulais pas avoir cette discussion maintenant. Je ne voulais pas briser la paisible tranquillité qui flottait encore dans la pièce.
    Pour cette raison, j’hésitais encore une fraction de seconde avant de décrocher.

    « Allo ? »
    « Lawliet ! Qu’est-ce que tu fous, bordel ? Ca fait des heures que je te cherche partout ! »
    Je fronçais légèrement les sourcils. Un autre jour, je lui aurais raccroché au nez sans autre forme de procès. Je ne supportais pas qu’on me parle de cette façon, d’autant plus quand je sortais à peine d’une nuit plus qu’agréable dont je ne voulais pas voir la fin. Mais il y avait un accent dans la voix d’Edward qui retint mon geste. Une note de désespoir que ne parvenait pas à cacher sa colère. Il semblait au bord des larmes, un exploit auquel je n’avais pas assisté depuis des années.
    A côté de moi, Genna avait sorti la tête de sous les draps et me regardait, les yeux grands ouverts. Ses doigts étaient crispés sur son oreiller, et son dos était raidit de façon peu naturelle. Je posais une main sur son épaule nue et lui adressait un léger sourire, avant de détourner les yeux et de revenir à Edward. Sa voix résonnait dans la pièce, et elle entendait chacune de ses paroles comme s’il était devant nous.

    « Edward. » Lâchais-je finalement, le coupant au milieu d’une de ses litanies de reproches.
    Il y eut un bref silence au bout du fil, et je l’entendis reprendre laborieusement sa respiration. Je pinçais les lèvres en attendant plus ou moins patiemment qu’il arrive à mettre des mots sur ce qui semblait tant le torturer. Je savais qu’il ne serait pas dans cet état s’il n’était pas arrivé quelque chose de grave, et je n’avais vraiment pas envie qu’il tourne autour du pot pendant des heures.
    « Ils ont tué Bella. »
    La voix d’Edward était soudain beaucoup plus assurée, mais également beaucoup moins humaine. Quatre mots prononcés avec une froideur que je ne lui connaissais pas, quatre mots qui s’insinuèrent en moi comme du poison. Un nouveau silence s’installa, pendant lequel l’ampleur de son annonce s’imposait à moi. Pendant plusieurs minutes, je restais assis, le téléphone collé à mon oreille, complètement immobile. L’air qui entrait dans mes poumons était soudain devenu glacé, et semblait brûler mon organisme de l’intérieur.

    « Pourquoi ? »
    Ma voix était devenue aussi froide que la sienne. Sans émotions, comme moi. Je ne ressentais plus rien. Et je profitais de ce moment d’abrutissement où mes sens ne réagissaient pas encore à la nouvelle.
    « Elle perdait le contrôle. »
    Je savais cela. J’avais tenté de la calmer, des dizaines de fois. Elle haïssait ses pouvoirs plus que tout, et elle n’arrivait pas à les contrôler aussi bien que nous. Elle sombrait, mais j’avais tout fait pour l’aider. En secret.
    « Ils l’ont enfermée. »
    Ainsi ils s’étaient rendu compte qu’elle devenait un danger. Un danger que je contrôlais, plus ou moins. Un danger que j’avais tout fait pour leur cacher.
    « Ils l’ont tuée ? »
    Ils n’auraient pas fait ça. Elle restait un des meilleurs éléments du WHS-L. Ils avaient du tenter de la raisonner, essayer un de leurs calmants magiques.
    « Ils ont envoyé Adriel. Elle l’a tué. »
    Ma mâchoire se serra. Je n’avais jamais apprécié ce poseur, mais que Bella l’ait tué n’était pas une bonne nouvelle. Etrange comme mon cerveau se focalisait sur ce genre de détails, alors que la nouvelle la plus énorme refusait de s’imprimer dans mon esprit. Je cherchais à comprendre, j’analysais la situation avec froideur comme s’il s’agissait d’un accident qui ne m’affectait pas. Et il ne m’affectait pas. Pas encore.
    « Ensuite ? »
    « Je ne sais pas. Ils ont envoyé un hunter, le seul de libre hier soir. Personne n’a su me dire qui. »
    « Merci. J’arrive. »

    Dans un claquement, je refermais le téléphone et le posait sur la table de chevet. Mes doigts tremblaient légèrement, ma respiration commençait à s’accélérer. La léthargie dans laquelle j’avais été plongé le temps de notre conversation me fuyait, et la douleur m’envahissait peu à peu, par vagues.
    Un hunter, le seul de libre hier soir. Personne n’avait su lui dire qui. J’aurais pu le lui dire. Je savais qui était de permanence hier soir. Je savais qui avait été chargé de lever son arme contre ma meilleure amie. Je savais qui était responsable de la douleur sourde qui commençait à ronger mes organes. Je savais contre qui ma colère serait dirigée, à présent. Et cette pensée était étrangement réconfortante. Il y avait un coupable.

    En une fraction de secondes, mes mains se couvrirent d’étincelles bleues, que je dirigeais d’une pensée vers celle qui était couchée à côté de moi. Elle les évita en sautant prestement du lit, mais ne fut pas assez rapide pour éviter le deuxième éclair qui vint la frapper au ventre, lui tirant un cri de douleur.
    Genna Huntington, Robin Hargreaves. Celle que j’étais venu retrouver hier soir, celle que j’aimais depuis des années sans oser l’assumer. Elle avait tué ma meilleure amie, puis elle avait couché avec moi, sans montrer aucun signe de remords. A présent, c’est moi qui allais la tuer.




J'attends pas spécialement de réponse, j'ai écrit ça par pur plaisir ^^ Tu vois que ta scène était pas débile, elle m'a graaaandement inspirée ! =)

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Robin G. Hargreaves
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MessageSujet: Re: What Have You Done ?   Lun 1 Juin - 13:14



    Je me réveillai lentement, de la manière la plus agréable possible. Samaël faisait courir ses doigts sur la peau nue de mes épaules, poursuivant ses caresses avec une rare douceur. Je souris, et me retournai vers lui. Il était radieux, et son air heureux me contamina de manière toute naturelle. Je refermai mes doigts sur mon oreiller, et au moment où j'allais le frapper, la porte de la chambre s'ouvrit brusquement. Ce ne fut qu'à cet instant que je réalisai me trouver dans un endroit totalement inconnu : ce n'était pas l'appartement de Samaël, ni le mien. Et les trois gamins qui entraient en courant, qui étaient-ils ?

    « Maman, maman, maman ! Rahel a mis du chewing-gum dans mes cheveux! », cria la plus petite, dont la touffe blonde était joliment emmêlée et effectivement tâchée de rose.

    « Ah les petits monstres, laissez maman se reposer elle a eu une longue nuit. », dit Samaël avec bienveillance, en tirant les couvertures pour empêcher les enfants de les retirer d'un coup, apparemment expérimenté.

    Je restai muette, sous le choc. Ces adorables marmots étaient les nôtres ? Tout naturellement, ils montèrent tous sur le lit. Deux garçons et une fille, tous petits mais assez grands pour brailler, même si c'était avec des gazouillis de bébés. Ils avaient tous les yeux de Samaël, mais mes traits étaient là, et les cheveux des garçons avaient beau ne pas être blonds, ils étaient beaucoup plus clairs que ceux de Samaël. Ils étaient magnifiques. J'en avais les larmes aux yeux. Ils riaient tandis que les garçons tentaient de faire tomber leur père du lit, et la petite se logea dans mes bras.

    « Il va falloir couper ma chérie, je suis désolée. », dis-je en ignorant le raffut causé par les garçons, qui s'amusaient à jouer des poings avec Samaël. « Pourquoi est-ce qu'il a fait ça ? »
    « J'ai voulu récupérer ma poupée avec son fusil, mais il est tombé dans l'égout ! », me répondit-elle en toute innocence.

    Tiens, à peine quelques secondes et je me sentais déjà parfaitement chez moi, à ma place. Comme si ces enfants avaient toujours été les nôtres, que je l'avais simplement oublié quelques instants. C'était une sensation très curieuse. Rahel, Rose et Raphaël, voilà leurs noms. Samaël s'échappa de l'étreinte des garçons quelques instants pour déposer un baiser très doux sur mes lèvres. Je m'en rappelais maintenant.

    « Robin, je t'ai fait du café. »

    La voix de Nathaniel me réveilla, m'extirpant brutalement du rêve édulcoré que je venais de faire. Penché sur moi, il me regardait étrangement, avec un air curieux qui me gêna. J'étais effondrée sur la table, une fois de plus. Les nuits au poste, ça commençait à réellement être pénible. Je m'étirai, frottant mes yeux. Pourquoi n'avais-je pas rêvé de Nathaniel ? C'était la personne avec laquelle ce rêve avait le plus de chances de se concrétiser, après tout. Mais non. Il m'embrassa doucement sur le sommet du crâne, sans aucune émotion, avant de déposer la tasse devant moi.

    « Tu parles en dormant. », murmura-t-il avec un ton étrange.

    Je retins ma respiration, un brusque mouvement de panique me paralysant. Et si il comprenait ? Je me sentais déjà tellement coupable... Nathaniel était un ange avec moi, je n'avais pas le droit de me montrer aussi injuste avec lui. Je me dégoutais moi même. Il sortit, et j'enfonçai ma tête entre mes bras. Je m'amusai à faire tournoyer quelques minuscules flammes à la surface du café, que je n'avais pas l'intention de boire. Les autres quittaient la section, il était tard. Je n'avais pas envie de rentrer, car chaque fois que je démarrais le moteur de la Mustang, les images de moi et Samaël m'assaillaient, me rendaient confuse jusqu'à ce que j'atteigne la porte de l'appartement. Généralement, je m'éffondrai dans le canapé, en sombrant dans une torpeur insupportablement lourde. Comme maintenant. Je retirai mes habits, mais la paresse me gagna et je décidai de m'endormir en sous vêtements, dans le canapé même.

    Voilà ce qui s'était passé, juste avant que trois coups nets et forts soient frappés à ma porte, et juste après avoir tué Bella. J'hésitai, découragée. Mes pensées m'asphyxiaient, et le poids du remords m'étouffait. L'agréable apathie qui avait suivi les évènements s'était atrophiée, et je mesurai avec horreur l'étendue des conséquences possibles qu'ils pouvaient avoir. Samaël ne me le pardonnerait jamais. C'était la plus grave des conséquences que je pouvais entrevoir, et la douleur qui m'assaillit me surprit. Un nouveau coup.

    Je soupirai, et enfilai ma robe de chambre avant d'aller ouvrir, histoire d'être décente et de pallier à une éventuelle urgence. Je ne retrouvais pas la ceinture pour la fermer, alors ma main serra l'étoffe de soie avec prudence. Lorsque j'eus retiré le verrou et que la porte s'entrouvrit, je me figeai. Samaël. Sous le coup de la surprise, ma main se relâcha, et ma robe de chambre perdit toute utilité. Que faisait-il ici ? Dans l'entrebâillement de la porte, je distinguais avec plus de netteté l'expression sombre, bouleversante qu'il affichait. Je ne pouvais plus bouger, paralysée par la peur. Il ne pouvait pas savoir, pas aussi rapidement !

    « Robin... »

    Ce fut le ton de sa voix qui me sortit de ma terreur. Il était grave, mais loin d'être furieux. Il était impatient, nerveux, tendu, et horriblement attractif. Je retirai le loquet de sécurité qui bloquait la porte, inquiète. Avant même que mes lèvres aient pu formuler la moindre question, elles furent capturées dans un élan rarissime de passion de Samaël. Sous le choc, j'oubliais de réagir. Il me tenait contre lui, sur le pas de ma porte, je ne l'avais pas poussé à le faire. C'était lui qui était venu, c'était lui qui m'embrassait avec ferveur... Je fermai les yeux et lui rendis son baiser de toutes mes forces, l'entraînant à l'intérieur, tandis qu'il refermait la porte d'un coup de pied. Il me saisit par les hanches et me plaqua contre celle-ci, sans interrompre notre baiser. Où avait-il appris à être aussi expressif ? Il ne m'échappait pas que je profitais sûrement de ses derniers élans, autant dire que je me contrefichais de la réponse.

    Il était habile, comme je pus m'en rendre compte lorsqu'il parvint à retirer mes sous vêtements et les siens d'une seule main, et ensuite croiser mes jambes autour de sa taille. Je ne retins pas mes gémissements, trop heureuse. La porte grinçait derrière moi, et si quelqu'un passait devant, il n'aurait aucun mal à deviner ce que nous étions en train de faire. Moi, ça me faisait rire et je voyais bien ce qu'en pensait Samaël. Il s'amusait à me faire gémir plus fort, et je reconnaissais bien là le provocateur en lui. J'allais me faire tuer par mes voisins.
    D'ailleurs, j'avais oublié d'éteindre la chaîne hi-fi. Les notes de piano, légères et vivaces, s'élevèrent dans l'air tandis qu'il se couchait contre moi, après m'avoir "déposée" sur le lit. Je regardais droit dans ses yeux, pour y lire une toute dernière fois le désir, l'envie, mais surtout l'amour. Une toute dernière fois, avant le vide.

    Driiiiiiiiiiing. Driiiiiiiiiiiiiiiiiiing.

    Pourquoi n'avait-il pas éteind son portable ? Et si c'était Dulce ? Et si je le brûlais ? Je tentais de frapper doucement Samaël, histoire qu'il fasse quelque chose avant que je ne m'énerve. Autant en finir tout de suite, cette sonnerie me rendait folle. Je remontai les draps sur mon corps, découvert par endroits, et enfouit doucement mon visage dedans.

    « Décroche ou je ne réponds plus de rien. »

    Son odeur s'était mélangée à la mienne, avait empreint les draps, ma peau, mon âme : c'était la même odeur que dans mon rêve. Je n'étais pas encore réveillée. Je rêvais d'une autre Robin, d'un autre Samaël, car nos vies ne nous laissaient jamais nous satisfaire de la réalité. C'était comme ça depuis toujours, alors je guettai le moment où mes yeux s'ouvriraient sur la vue du plafond au dessus du canapé, où je m'étais effondrée hier soir. Ou le moment où mon rêve tournerait au cauchemar.

    « Allo ? »
    « Lawliet ! Qu’est-ce que tu fous, bordel ? Ça fait des heures que je te cherche partout ! »
    « Edward. »
    « Ils ont tué Bella. »
    « Pourquoi ? »
    « Elle perdait le contrôle. Ils l’ont enfermée. »
    « Ils l’ont tuée ? »
    « Ils ont envoyé Adriel. Elle l’a tué. »
    « Ensuite ? »
    « Je ne sais pas. Ils ont envoyé un hunter, le seul de libre hier soir. Personne n’a su me dire qui. »

    Au fil des mots, Samaël perdait toute trace d'émotion, d'humanité. Son regard bienveillant s'éteignit rapidement, et je m'étais crispée, à nouveau terrorisée. Le contact de sa main, qu'il avait gentiment posée sur mon épaule, se fit de plus en plus brûlant, mais j'étais pétrifiée.

    « Merci. J’arrive. »

    Il avait compris, bien entendu. Un brusque pic d'adrénaline me sauva la vie, car au moment où il referma le clapet et dirigea sa décharge sur moi, j'avais déjà sauté du lit. J'entraînais le drap avec moi, mes doigts refusant de se décrisper.
    Bien sûr, Samaël était hors de lui. Il ne voyait que la traîtresse qui avait tué sa meilleure amie, pas celle qui avait fait exactement comme il faisait lui : son travail, en éliminant toute émotion humaine pouvant l'entraver. Je ne pouvais pas protéger Bella, pas après la mort d'Adriel. C'était une witch, et les witches devaient être chassée, comme je me le répétais incessamment depuis plusieurs heures.

    Une décharge me frappa au ventre, et je poussai un cri. La douleur était atrocement surprenante. Je n'avais jamais ressenti de décharge, à part peut être quand il avait établit un faible courant tandis que je l'embrassais. C'était agréable, excitant. Et dire que cela remontait à quelques heures ?
    Lorsqu'il renouvela son attaque, je contrai par des flammes précises, me protégeant comme un bouclier contre des flèches.
    Les larmes, je les ravalais avec difficulté. Ne pouvait-il pas comprendre ? Je fis un pas, puis deux vers lui, me concentrant pour pouvoir assurer ma protection tout en m'approchant de lui. Les flammes contraient, sans jamais l'attaquer.

    « Samaël, je n'avais absolument pas le choix ! », m'écriais-je, désespérée.

    Les flammes avaient commencé à lécher le parquet, même si j'avais fais attention la panique avait amplifié mes réactions. Je me rappelais avoir entendu Bella dire : « Lawliet, je n'y arrive pas ! ». Je n'avais pas vraiment compris, perturbée par le cadavre d'Adriel qui gisait près de moi. Mais maintenant, c'était plus clair. De toute façon, ils se connaissaient par coeur tous les deux, il n'avait pas pu passer à côté.

    « Tu le savais, tu savais qu'elle était dangereuse ! Ce n'est pas comme si je l'avais tuée par plaisir ! », criai-je, tentant d'ignorer le regard assassin de Samaël. « Tu aurais fait la même chose que moi à ma place. Je n'avais pas la possibilité de la neutraliser, et personne ne pouvait le faire à ma place ! »

    J'étais tout près de lui à présent, mais j'étais en train de perdre mes forces. Je me concentrais pour ne pas l'attaquer, pour uniquement me défendre, mais c'était une tache extrêmement ardue.
    Quelques larmes roulèrent finalement sur mes joues, mais je réussis tant bien que mal à retenir les autres. Lui, il me regardait, impassible. Les flammes gagnaient peu à peu les meubles, mais je n'avais pas envie de les arrêter. La lueur rougeâtre et vivace qui se reflétait dans les yeux de Samaël leur donnaient une trace de vie, ce qui disparaîtrait à la seconde où elles s'évanouiraient.

    [Ma scène était méga débile mais au moins elle a servii XD Par contre c'est MEGA LONG XDDD T'as intérêt à faire long la prochaine fois XD]

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Samaël L. Harlow

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MessageSujet: Re: What Have You Done ?   Jeu 11 Juin - 21:09

    Le sentiment de trahison qui m’habitait était ahurissant. Et la colère qui en découlait était dévastatrice. Le manque, la tristesse, même la déception, toutes ces émotions potentiellement douloureuses avaient été refoulées loin de moi, ne laissant place qu’à une rage froide et libératrice que je dirigeais vers Genna. Ma vision était comme voilée de rouge, déformée par le prisme de ma colère. Cela faisait des années que je n’avais pas été hors de moi. Des dizaines d’années où j’avais été bridé, éduqué, façonné pour que mes émotions les plus destructrices ne puissent s’échapper. Même si je l’avais voulu, j’aurais été incapable de me mettre en colère comme je le faisais quand j’avais dix ans. La vie à Stonewall m’avait décidemment bien changé … Cela ne m’avait jamais manqué et j’avais accepté ce changement. Mais à présent que mes barrières s’étaient brisées et que je ressentais enfin cette rage aveugle, j’avais l’impression de me souvenir de qui j’étais.

    « Samaël, je n'avais absolument pas le choix ! »

    La voix de Genna était suppliante, son visage était déformé par la douleur. Pourtant, elle n’essayait ni d’attaquer, ni d’éviter mes éclairs. Elle se contentait de les absorber avec des flammes protectrices, et ce comportement attisait ma rage. Je mettais plus d’énergie dans chaque éclair que je lui envoyais, et elle les déviait plus ou moins habilement, mais toujours sans essayer de riposter. Elle était faible, elle l’avait toujours été. Incapable de faire quoi que ce soit pour me mettre hors d’état de nuire alors qu’elle savait parfaitement que la moindre faille dans sa défense serait fatale. Elle allait mourir, mais elle ne faisait rien pour y remédier. Je l’avais connue plus forte que cela …

    « Tu le savais, tu savais qu'elle était dangereuse ! Ce n'est pas comme si je l'avais tuée par plaisir ! Tu aurais fait la même chose que moi à ma place. Je n'avais pas la possibilité de la neutraliser, et personne ne pouvait le faire à ma place ! »

    Elle avait à nouveau pris la parole, se déconcentrant à peine une seconde, le temps qu’un de mes éclairs perce ses protections et l’atteigne à l’épaule, l’envoyant percuter le mur derrière elle. En deux enjambées, je me rapprochais d’elle et la pris à la gorge. Tandis que mes doigts se resserraient autour de son cou, j’approchais mon visage du sien.

    Tout ce que j’avais pu admirer chez elle, aimer même … Je ne voyais plus rien. Une heure plus tôt, j’étais prêt à faire n’importe quoi pour elle. Douze heures plus tôt, j’avais fait n’importe quoi pour elle, ignorant toutes les précautions que j’avais prises pendant des années pour assouvir un désir qui me brûlait depuis trop longtemps. La nuit que nous avions passée avait sans doute été la meilleure de ma vie, la dernière également. Je ne savais pas ce qui m’avait poussé à venir la retrouver au beau milieu de la nuit. Un instinct ? Pour terminer cette partie de ma vie sur un feu d’artifice, faire de ce point final un spectacle et non un bourbier ? C’était réussi. Dès que j’étais entré dans cette pièce, j’avais dit adieu à beaucoup de choses. Mais pas à celles que j’espérais …

    « Comment oses-tu dire une chose pareille ? » Grinçais-je entre mes dents serrées. « Tu étais amie avec elle, elle t’aurait écoutée ! » Je serrais plus fort mes doigts autour de sa gorge. « A ta place, j’aurais préféré mourir plutôt que de tuer Bella ! » Hurlais-je soudain, avant de la lâcher comme si mes doigts s’étaient brûlés. Elle n’avait pas utilisé son pouvoir sur moi, c’était uniquement dans ma tête. Un ultime blocage qui m’avait empêché de la tuer … Je fis un pas en arrière tandis qu’entre mes doigts des étincelles recommençaient à se rassembler.

    Bella avait commencé à perdre pied il y a plusieurs mois. Entièrement focalisé sur mes petits problèmes personnels, je ne m’en étais pas rendu compte tout de suite. C’est seulement quand j’avais remarqué que le nombre de ses missions diminuait que je m’étais insurgé. Elle ne s’en plaignait pas, mais j’étais furieux qu’on ne lui fasse pas plus confiance que ça, alors qu’elle avait des capacités hors du commun pour traquer les Witches. Elle m’avait finalement confié qu’elle avait tendance à tuer accidentellement la plupart de ses victimes, qu’elle camouflait tant bien que mal à nos supérieurs. C’est comme ça que j’avais compris que ses pouvoirs lui échappaient, et que j’avais tenté tant bien que mal de l’aider. Elle faisait des efforts, mais elle haïssait réellement ses nouvelles facultés, et le travail qu’on nous demandait d’effectuer avec. Plusieurs fois, elle avait été tentée d’abandonner et de quitter le WHS, mais je l’en avait dissuadée. Je ne tenais pas à ce qu’elle soit fichée comme witch, et qu’on me donne l’ordre de la pourchasser. J’aurais été incapable de faire le moindre mal à ma meilleure amie. Douce ironie … Je n’avais rien vu venir, absolument rien. Je ne savais même pas de quelle façon elle s’était retrouvée enfermée, ni ce qui l’avait trahie. La dernière fois que je l’avais vue, elle semblait aller mieux. Elle m’avait promis qu’elle faisait des efforts. A présent elle était morte … Tuée par la seule personne que j’avais placée avant elle. Bella et Edward avaient toujours été mes amis les plus proches, mais Genna … J’aimais Genna, et plus seulement comme une amie ou une sœur. J’étais amoureux d’elle, et ce depuis plusieurs années. Mais cet amour avait été annihilé, brutalement.

    Un brusque élan de douleur dans la poitrine me coupa le souffle, et je clignai des yeux, un peu hébété. J’avais l’impression qu’un étau me compressait la cage thoracique, qu’une main de fer me serrait le cœur, m’empêchant de reprendre mes esprits. Il me fallut quelques secondes avant de comprendre ce qui m’arrivait. Quelques secondes avant de me souvenir de la dernière fois où j’avais ressenti pareille douleur, et de faire le lien. J’avais seize ans à nouveau, et à nouveau je venais de me prendre la plus monumentale gifle de ma vie. J’avais seize ans et j’avais décidé de ne plus jamais tomber amoureux, pour ne plus jamais ressentir cette déchirure. L’amour était toujours vain, plus douloureux que bénéfique. J’avais tenu ma parole avec ferveur, jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à hier. Je n’avais plus seize ans, et la douleur était à nouveau là …
    J’aurais pensé que ma colère dissimulerait mon chagrin assez longtemps pour pouvoir tuer Genna avant de ressentir quoi que ce soit ; je m’étais trompé. Cette douleur aussi physique que psychologique était celle de la peine que je ressentais soudain, un mélange de déception et de manque. La trahison de Genna et la mort de ma meilleure amie …

    Les étincelles qui s’étaient éteintes pendant quelques secondes se ravivèrent sous mes doigts, et je dardais un regard vibrant de haine sur Genna. Avant qu’elle ne meure, je voulais qu’elle comprenne à quel point elle m’avait déçu. Je savais qu’elle m’avait aimé, elle aussi. Peut-être m’aimait-elle encore, et j’espérais que sa souffrance n’en serait que plus forte. Mais je ne comprenais pas comment elle avait pu s’offrir à moi avec un tel poids sur la conscience. Ce n’était pas franchement ce que j’appelais une démonstration d’amour, ni même d’affection … Seulement le comportement d’une traînée, qui faisait passer son plaisir physique avant sa conscience morale.
    Plus je la regardais, et plus elle me donnait envie de vomir. Chaque seconde qui passait me révélait celle que je n’avais jamais vu derrière la façade que j’avais tant chérie. Finalement, j’esquissais un rictus, et toute l’énergie que j’avais accumulée déferla sur elle comme une vague meurtrière. J’espérais de toute mon âme qu’elle meure carbonisée, peu m’importait qu’elle souffre ou pas. Seulement qu’elle meure …

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Robin G. Hargreaves
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MessageSujet: Re: What Have You Done ?   Dim 14 Juin - 0:15



    L'éclair qui m'atteignit à l'épaule me projeta violemment contre le mur ce qui coupa ma respiration, faisant fuir l'air de mes poumons. J'eus juste le temps de poser les yeux sur ma blessure : j'étais sévèrement brûlée, pas comme au ventre où je ne garderais qu'une simple cicatrice. La douleur était terrible, mais elle ne fut rien comparée à la seconde qui suivit. Samaël serra mon cou avant que je ne puisse inspirer l'air nécessaire en réponse au violent choc, ce qui fit que j'étais susceptible de mourir trois fois plus vite. Deuxième seconde. Son visage s'approcha du mien, tandis que mes jambes gigotaient, frappant violemment mais vainement le mur, les jambes de Samaël, le vide.
    Il resserra ses doigts, et je commençais à voir des étoiles, des rais de lumière rose et verte. La pression sur mon crâne était insupportable, menaçant de faire exploser celui ci si je n'avais pas accès à de l'oxygène dans les plus brefs délais...

    Une autre douleur, qui me fit oublier toutes les autres le temps de quelques secondes, me lacéra tandis qu'il plongeait son regard dans le mien. Je pâlissais, et je sentais la vie me quitter rapidement. Ma bouche s'ouvrait et se refermait par réflexe, mais je savais qu'elle n'aspirerait pas d'air. Il allait me tuer, plus de doute possible. Peut être était ce parce que je n'avais pas réellement cru qu'il me tuerait que je ne m'étais pas défendue. Peut être était ce aussi parce que j'avais cru que par orgueil, il cesserait et se calmerait.


    « Comment oses-tu dire une chose pareille ? Tu étais amie avec elle, elle t’aurait écoutée ! A ta place, j’aurais préféré mourir plutôt que de tuer Bella ! »

    Il me serra la gorge de plus belle. Septième seconde. J'étais sur le point de perdre connaissance, c'était le moment où jamais d'attaquer, mais je n'y parvenais pas. La douleur derrière sa haine et sa colère, c'était la mienne. Mais il avait tord, sur toute la ligne. Je ne pouvais pas le laisser me tuer parce qu'il avait besoin de déverser sa rage contre moi. Je n'étais pas si faible.
    Il me relâcha brusquement, et je tombai à terre, à peine consciente. Mes poumons se remplirent douloureusement d'air, et je me mis à tousser violemment. Prise de vertiges, je n'eus pas la possibilité de voir la réaction de Samaël. Pourquoi m'avait-il relâchée ? Je me relevai avec précaution, pour enfin lui faire face. Mes jambes étaient flageolantes, mais j'étais décidée, et surtout révoltée.

    « Tu aurais préféré mourir parce que tu es un LÂCHE! »

    J'avais hurlé le dernier mot, ce qui m'arracha une grimace de douleur, et je me remis à tousser. Avant même que je ne puisse faire un autre mouvement, une impressionnante vague d' électricité fondit sur moi, mais par instinct des flammes gigantesques se dressèrent pour me protéger, comme un mur de feu.

    « J'ai fait mon devoir, car ce n'était plus Bella, mais une witch ! Elle avait perdu la raison, que tu l'acceptes ou pas ! Tu cherches un prétexte, un bouc émissaire pour combler la douleur. Va-y, mais ne fais pas de moi un monstre! »

    Ma voix était rapidement montée dans les aigus, et je savais que l'hystérie était proche. C'était à mon tour de ressentir la peine, et je me sentais même trahie. Il ne comprenait pas, et il ne se souciait pas assez de moi pour faire l'effort de ne pas se laisser aveugler par ses sentiments pour comprendre. Il ne tentait même pas. En un quart de seconde, il m'avait oubliée. Aurait-il tué ma mère que je l'aurais laissé s'expliquer sur les raisons de son acte; car je savais qu'il ne l'aurait pas fait s'il n'avait pas eu une raison , que je n'aurais considérée comme incorruptible : c'était naïf, mais vrai. J'avais confiance en lui. Après seulement, j'aurais réagi. Mais non. Il me voyait comme une meurtrière, qui s'était amusée à trahir son amie pour satisfaire ses supérieurs. J'étais folle re rage qu'il ait osé me traiter ainsi, penser à moi de cette manière là.

    « Elle a tué Adriel, qui était chargé de justement parler avec elle pour comprendre ce qui se passait, pour l'aider et la guider ! Ils m'ont envoyée en urgence, et je n'avais pas d'arme pour la neutraliser. Tu ne l'as pas vue, tu n'as pas vu son regard ! Il était vide de toute humanité...Elle ne m'a même pas reconnue ! »

    Ma voix se brisa sur la dernière phrase, et sans m'en rendre compte je m'étais mise à pleurer. J'aimais énormément Bella, et s'il croyait que je l'avait tuée de sang froid, il se trompait. J'avais compris quelque chose, que lui ne voulait pas accepter.

    « Elle était morte, Lawliet. Elle était morte avant que je n'entre dans cette pièce.! Ce n'était pas Bella! »

    J'avais pourtant commencé calmement, mais j'étais si submergée par la colère et la tristesse que je ne parvins pas à ne pas me mettre à crier. Dans ma colère, je dirigeai un jet de flammes contre son épaule, à l'exact endroit où il m'avait touchée.

    « Ta peine, je la partage. »

    Cette fois, je l'avais murmuré, plus à moi même qu'à lui d'ailleurs. Il ne m'écoutait peut être même pas, mais je lui avais dit ce que j'avais à dire. Ou presque.

    Voilà, désolée pour c'thorreur. T_T

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Samaël L. Harlow

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MessageSujet: Re: What Have You Done ?   Ven 3 Juil - 23:57

    Pendant un moment, je cru qu’elle allait continuer à me laisser faire sans réagir, sans tenter de se défendre. De toute notre vie commune, je n’avais jamais connu Genna de cette façon. Jamais elle ne s’était laissée faire, jamais elle n’avait laissé qui que ce soit lui parler sur ce ton sans répliquer. Même avec moi, elle ne s’était jamais laissé faire. Loin de ressembler à ces filles qui s’écrasaient pour me plaire ou pour ne pas avoir à subir mes regards froids, elle se redressait de toute sa petite taille pour me faire face et arrivait toujours à me balancer mes quatre vérités jusqu’à ce que nous arrivions à un compromis. Aucun de nous deux n’abdiquait jamais devant l’autre, nous ne laissions jamais rien passer, et c’est ce que j’avais toujours aimé dans notre relation. Depuis que je la connaissais, aussi loin que remontaient mes faibles souvenirs de Stonewall, elle avait toujours été ainsi, plus fière qu’un paon. Et aujourd’hui, pour la première fois, elle avait baissé les yeux devant moi et s’était écrasée sous les vagues de ma colère. Je ne voulais pas croire que la culpabilité puisse avoir raison de son orgueil. Elle avait tué ma meilleure amie de sang-froid, avait ensuite couché avec moi sans sourciller, et voilà qu’elle s’affaissait comme une poupée de son. Où était donc passée sa force de caractère ?

    « Tu aurais préféré mourir parce que tu es un LÂCHE! »

    Elle s’était relevée malgré ses jambes flageolantes et me faisait face, son menton fièrement dressé comme elle le faisait toujours quand elle était en colère. Ce retournement me tira un sourire froid, et je fus presque satisfait de la voir enfin réagir correctement. J’aurais été déçu si même cette partie d’elle n’avait été que poudre aux yeux. Mais elle se reprenait enfin … Cela n’en serait que meilleur. Je voulais entendre ce qu’elle avait à me dire, même si je savais déjà au plus profond de moi qu’absolument rien de ses pitoyables excuses ne pourraient la racheter. Pour moi, elle était déjà morte. Ce n’était qu’une question de secondes …

    Elle bloqua avec une facilité étonnante la vague d’électricité que je lui envoyais alors, et je clignais des yeux, légèrement déstabilisé. Je n’avais pas prévu qu’elle survive à ça. J’avais mis une quantité d’énergie gigantesque dans cette attaque, en pensant qu’elle tenterait à peine de la bloquer. Ses défenses auraient du être pulvérisées … Mais peu importe. Déjà, j’accumulais une nouvelle salve d’électricité pure entre mes mains, grisé par le combat. Qu’il dure quelques minutes de plus, après tout … Elle semblait avoir besoin de décharger sa conscience avant de mourir.

    « J'ai fait mon devoir, car ce n'était plus Bella, mais une witch ! Elle avait perdu la raison, que tu l'acceptes ou pas ! Tu cherches un prétexte, un bouc émissaire pour combler la douleur. Va-y, mais ne fais pas de moi un monstre! »

    Je reçu l’accusation sans broncher, mais mes poings se serrèrent à cette ignoble tirade. Comment pouvait-elle juger de l’humanité de Bella ? Elle n’avait pas assisté à tous ses efforts pour refouler ses pouvoirs. Elle n’avait pas entendu ses plaintes pendant de trop longues heures sans pouvoir l’aider. Elle avait seulement constaté un de ses écarts et avait fait feu sans se poser de questions. Comme la bonne petite fille obéissante qu’elle était devenue … Comme en réponse à mes pensées, elle reprit soudainement la parole, la voix plus vibrante de rage que jamais.

    « Elle a tué Adriel, qui était chargé de justement parler avec elle pour comprendre ce qui se passait, pour l'aider et la guider ! Ils m'ont envoyée en urgence, et je n'avais pas d'arme pour la neutraliser. Tu ne l'as pas vue, tu n'as pas vu son regard ! Il était vide de toute humanité...Elle ne m'a même pas reconnue ! Elle était morte, Lawliet. Elle était morte avant que je n'entre dans cette pièce ! Ce n'était pas Bella! »

    Les mots s’assemblaient avec clarté dans mon esprit, pourtant je n’arrivais pas à les comprendre. Ce qu’elle disait ne collait pas avec ce que je savais, et je refusais d’admettre qu’elle puisse dire la vérité. Comme l’aurait-elle pu ? Bella n’était pas un monstre, j’en étais persuadé de tout mon être. Elle était apeurée, elle ne voulait pas devenir la proie qu’elle avait si longtemps pourchassée. Mais même dans ses pires moments d’hystérie, elle avait toujours été la Bella que je connaissais et que j’aimais. Jamais une witch, jamais ce monstre dénué d’humanité que Genna me décrivait. Qu’elle ait tué Adriel, je n’en doutais pas une seconde. Mais qu’elle ait fait ça par cruauté, non. Elle en aurait été incapable. Pas elle …

    Aveuglé par la souffrance que me provoquaient ces visions d’une Bella encore en vie, je ne vis pas arriver le jet de flammes, qui me heurta violemment à l’épaule et qui me projeta contre le mur. Les éclairs que j’avais accumulé entre mes doigts s’échappèrent alors, hors de mon contrôle, et allèrent frapper les quatre coins de la pièce dans un fracas épouvantable. Abruti par la douleur, je ne vis même pas si Genna était touchée. Les flammes dévastaient tout autour de moi, et les éclairs achevaient leur travail de destruction. Le plafond commençait à se fendre, et une étagère s’écrasa lourdement à quelques mètres de moi.

    « Ta peine, je la partage. »

    Je levais les yeux et fixait Genna avec ahurissement à travers la fumée qui envahissait la pièce. Son visage était fermé, mais j’avais l’impression qu’elle allait éclater de rire d’une seconde à l’autre. Se fichait-elle de moi ?

    « Peinée d’avoir du tuer un monstre ? Peinée d’avoir obéi aux ordres de tes supérieurs ? Oh non, tu ne partages pas ma peine. Tu as seulement tué une witch de plus, et c’est seulement un nom à ajouter à ton palmarès. Comment peux-tu m’avouer l’avoir tuée en sachant qu’elle n’était plus humaine, et prétendre ensuite que cela te cause de la peine ? Tu devrais plutôt te réjouir d’avoir une excuse derrière laquelle te réfugier … Comme toujours. »

    Ma voix était à nouveau froide et sans aucune émotion, d’un calme bien plus rassurant que la fureur incontrôlable qui m’avait envahi quelques secondes plus tôt. J’étais toujours furieux, je ressentais toujours une haine inconditionnelle envers Genna, mais mon esprit avait recouvré sa lucidité. La rage ne m’aiderait pas à la tuer.
    Tandis que je lui parlais, j’amassais de l’électricité que j’envoyais brutalement sur le plafond, au-dessus de Genna. Le plâtre se détacha bruyamment et s’écroula sur celle que j’avais aimée.

_________________
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